Les différents types de poèmes

Ils obéissent à des règles plus ou moins complexes et plus ou moins rigides qui concernent les types de vers, les types de strophes, leur agencement ou leur nombre.

  • Formes médiévales :
  • la ballade, genre majeur au Moyen Âge, remis partiellement à l’honneur au xixe siècle comme avec Hugo Odes et Ballades) : elle comporte trois strophes et demie dont le dernier vers constitue un refrain ; la demi-strophe finale constitue l’envoi (dédicace du poème à Dieu, au roi, à une dame…). Il y a autant de vers dans la strophe que de syllabes dans le vers (8 ou 10 en général). Exemple : Villon : Ballade des dames du temps jadis.
  • le rondeau : 15 vers généralement courts sur deux rimes avec un effet de refrain .   Ex. : Charles d’Orléans  » Le temps a laissé son manteau… « 
  • la pastourelle, l’odelette, le rotrouenge, le lai, le virelai, la complainte et les formes de jeu verbal comme l’acrostiche.
  • Formes modernes :
  • l’ode : imitée de l’Antiquité, mais assouplie par Ronsard avec 2 strophes égales + 1 strophe plus courte.
  • la sextine est une forme poétique, composée de six sizains, dont les mots en fin de vers restent les mêmes, mais sont répartis selon un ordre différent. Créée au XIIe siècle, cette forme a été revisitée par les poètes de l’Oulipo.
  • le sonnet : hérité de Pétrarque et imposé peu à peu au XVIe s, très vivant au xixe siècle (Nerval, Baudelaire, Verlaine, Hérédia…), il se compose de 2 quatrains aux rimes embrassées et répétées (ABBA) et 2 tercets sur 2 ou 3 rimes à disposition variable (CCD I EDE ou CCD I EED) avec opposition des quatrains et des tercets et la mise en valeur du dernier vers appelé la chute du sonnet.Ex.Parfum exotique Baudelaire

  • Le Sonnet est toujours composé de deux quatrains et de deux tercets.

Dans le Sonnet régulier – riment ensemble :

1° le premier, le quatrième vers du premier quatrain ; le premier et le quatrième vers du second quatrain ;

Les différents types de poèmes  Sonnet-245x300

2° le second, le troisième vers du premier quatrain ; le second et le troisième vers du second quatrain ;

3° le premier et le second vers du premier tercet ;

4° le troisième vers du premier tercet et le second vers du second tercet ;
5° le premier et le troisième vers du second tercet.Si l’on introduit dans cet arrangement une modification quelconque,
Si l’on écrit les deux quatrains sur des rimes différentes,
Si l’on commence par les deux tercets, pour finir par les deux quatrains,
Si l’on croise les rimes des quatrains
Si l’on fait rimer le troisième vers du premier tercet avec le troisième vers du deuxième tercet – ou encore le premier vers du premier tercet avec le premier vers du du deuxième tercet,
Si enfin on s’écarte, pour si peu que ce soit, du type classique,
Le Sonnet est irrégulier.

Le dernier vers du Sonnet doit contenir un trait – exquis, ou surprenant, ou excitant l’admiration par sa justesse et par sa force.
Lamartine disait qu’il doit suffire de lire le dernier vers d’un Sonnet ; car, ajoutait-il, un Sonnet n’existe pas si la pensée n’en est pas violemment et ingénieusement résumée dans le dernier vers.
Le poète des Harmonies partait d’une prémisse très juste, mais il en tirait une conclusion absolument fausse.

OUI, le dernier vers du Sonnet doit contenir la pensée du Sonnet tout entière. – NON, il n’est pas vrai qu’à cause de cela il soit superflu de lire les treize premiers vers du Sonnet. Car dans toute oeuvre d’art, ce qui intéresse, c’est l’adresse de l’ouvrier, et il est on ne peut plus intéressant de voir :

Comment il a développé d’abord la pensée qu’il devait résumer ensuite,

Et comment il a amené ce trait extraordinaire du quatorzième vers – qui cesserait d’être extraordinaire s’il avait poussé comme un champignon.

Enfin, un Sonnet doit ressembler à une comédie bien faite, en ceci que chaque mot des quatrains doit faire deviner – dans une certaine mesure – le trait final, et que cependant ce trait final doit surprendre le lecteur – non par la pensée qu’il exprime et que le lecteur a devinée -, mais par la beauté, la hardiesse et le bonheur de l’expression. C’est ainsi qu’au théâtre un beau dénouement emporte le succès, non parce que le spectateur ne l’a pas prévu – il faut qu’il l’ait prévu -, mais parce que le poète a revêtu ce dénouement d’une forme plus étrange et plus saisissante que ce qu’on pouvait imaginer d’avance.

exemple: 

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Baudelaire-150x150
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.* 4 rimes au lieu de 2 aux quatrains
* Les deux tercets forment un sizain à rebours (avec 4 rimes croisées + 2 plates) => EFE /FGG

 Baudelaire

 

  • le pantoum : d’origine orientale (Malaisie), introduit en France au xixe siècle, utilisé par Hugo dans Les Orientales : « Les papillons jouent à l ‘envi… » et par Baudelaire dans Harmonie du soir, mais de façon irrégulière dans les deux cas. Le principe est la reprise décalée des vers d’une strophe sur l’autre (les vers l et 3 deviennent les vers 2 et 4 et ainsi de suite).

NB : les genres poétiques ne relèvent pas à proprement parler de la versification puisqu’ils sont définis par leurs thèmes et leur ton, ce qui les différencie des types de poèmes qui correspondent à des aspects techniques. Les genres poétiques ont cependant tenu une grande place dans les époques passées, on peut citer comme exemples :

Le Haïku

Le haïku est un petit poème composé de trois vers respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Il comporte toujours une référence à la nature. Il exprime une sensation ténue, une impression ineffable, il rend compte d’une sorte d’illumination, d’étonnement éprouvé par le poète devant des choses communes, banales: le bruit de la pluie, le reflet de la lune dans l’étang, un objet, un animal, un marcheur solitaire, etc.
Il est important de noter que le but du haïku est de nommer les choses directement, d’où l’absence caractéristique de la métaphore, qui est un moyen détourné de dire la réalité. Les choses dans le haïku ne sont pas là comme symboles, ne renvoient pas à une signification située au- delà du sens littéral, elles sont nommées pour elles- mêmes. Le haïku doit se lire à la lettre.

 

Ma Principale source:   

http://fr.wikipedia.org/wiki/Versification_fran%C3%A7aise#Les_types_de_po.C3.A8mes

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